Dans la salle à manger aux dimensions modestes, au-dessus de la cheminée, trônait une belle gouache de VLAMINCK, ami de mon grand-père maternel. Cette allée de forêt sous la neige, romantique, baroque et théâtrale, me faisait rêver tout au long des repas. Une tache de rouge posée par l’artiste m’apparaissait comme la silhouette d’un enfant encapuchonné, en route vers l’horizon.
Cette richesse de la nature, j’allais la retrouver chaque année, en Nivernais, tout au long de ma jeunesse, dans la merveilleuse parenthèse des Grandes Vacances.
L’hiver, de longues promenades dans les petites rues du Faubourg Saint-Germain, entre quai et boulevard, venaient compléter mes journées d’études. L’amour de PARIS, de ses habitants, de ses rues, me venait à coup sur de mon grand-père maternel et de son père, Paul HUGOT, ami de CAILLEBOTTE, qui avait fait de lui un portrait en pieds, plus grand que nature, plein d’élégance. Parisien jusqu’au bout des ongles, cet ancêtre aimait flâner, tel un Dandy échappé d’un livre de PROUST.
Je lui dois un amour immodéré pour le pavé, l’asphalte des trottoirs, pour les traversées de la Seine sur la Passerelle des Arts, sous les nuages roses des ciels d’Ile de France.
Les années de guerre s’étaient passées en Nivernais, à DECIZE, petite île de la LOIRE. Cette période m’a marqué et m’a donnée très vite le goût de la vraie campagne, des pâtures, des bois et des étangs. Le Fleuve et tous les petits ruisseaux qui s’y jettent m’ont appris la perception des reflets, celle aussi du temps qui passe.
Plus tard, durant l’adolescence, j’ai retrouvé chaque année, ces bords de LOIRE chers à Maurice GENEVOIX. Les personnages de la « BOITE A PECHE », de « REMI DES RAUCHES », sont des amis ; il me semble les avoir côtoyés tout au long de ce temps béni. J’ai beaucoup peint sur les bancs de sable, en lisière de bois, à la queue d’un étang ; rien ni personne ne m’a jamais donné plus de tranquillité de l’âme.




